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Petit Violon. 2008. Crâne humain, nid de guêpes. 18
x 12,5 x 14 cm
Sans
catastrophisme,
l’œuvre de Thomas
Monin tente
d’aiguiser notre
conscience. (…) Aux
antipodes de tout
anthropocentrisme,
l’artiste met en
scène les ultimes
énergies de la
nature dans sa
survie. Il
revendique sans
apprêts notre
animalité et invente
une poésie
activiste, qui aux
slogans préfère la
profondeur de la
réflexion. (…) Quand
tant d’artistes
contemporains se
contentent de
récupérer le combat
écologique pour en
faire une image de
marque, lui, livre
une œuvre qui relève
d’une impérieuse
nécessité et
s’attaque aux
racines du mal. (…)
La matière vivante
est le cœur
palpitant de cette
œuvre, vaste arche
de Noé où peuvent se
réfugier les espèces
menacées
d’extinction. Les
animaux y défilent,
fragiles, abimés,
splendides malgré
tout. (…) Thomas
Monin se situe du
côté de la vie, tant
qu’il est encore
temps.
Emmanuelle
Lequeux.
Critique d'art et
journaliste au
‘Monde’ et à
‘Beaux-Arts
magazine’.
2009
Face aux œuvres de
Thomas Monin, tout
un aspect de
l’orthodoxie
esthétique est remis
en cause, tandis
qu’il attire le
spectateur dans un
jeu osmotique entre
l’environnement,
l’œuvre et le
vivant. (…) Ici, se
pose la question de
savoir si l’homme
produit bien de
l’humain, s’il y
aurait une
séparation telle,
qu’une nature morte
existe en soi, par
auto-génération de
matière et si une
sculpture peut
naître de sa propre
nécessité. (…) Il va
de soi que cette
œuvre n’illustre pas
pour elle-même, mais
énonce et dénonce
l’arrogance des
œuvres qui
n’auraient pour
carte d’identité que
la géographie de la
subjectivité. Thomas
Monin offre quelques
résolutions : là où
vous voyez, vous ne
voyez pas ce qu’il
vous semble voir,
car vous en faites
partie. (…) Ces
œuvres surgies par
acculturation «
naturelle » font une
liaison dantesque
entre l’archaïsme le
plus essentiel et
les manifestations
hystériques du monde
occidental, elles
montrent la chair de
ce qui n’est pas
dit. (…) Mais pas de
métalangage dans
cette démarche, ni
de métamorphose, il
s’agit d’un « serait
» permanent, dont la
légitimité est la
vie. Ici, la
question ne se pose
plus de savoir d’où
l’homme est issu, il
« descend » de
l’art.
Francesca
Caruana.
Artiste, Maître de
conférences en Arts
Plastiques et
sciences de
l’art. 2004
(…) Thomas Monin
semble questionner
le boiteux réel,
cette structure,
nôtre, qui a de
raisons d’être plus
de circonstanciel,
que d’inné. Ou bien,
cette question
participe au
processus mental de
l’appropriation de
notre formation
personnelle ou bien
elle donne des
réponses, qui nous
divisent en zones
nettes et voilées.
Comme résultats
mitigés, les œuvres
de Thomas Monin
sèment de la
puissance. Recyclées
ou reproductions,
elles symbolisent
comment elles
apparaissent d’une
voix sans ambiguïté.
Et c’est là le
fondement. Car, il
n’y a alors plus de
décalage entre ce
qui se montre et ce
qui est. La
présentation vaut la
définition, derrière
quoi se cache une
mise en scène de la
création (en
l’occurrence celle
de l’artiste), ce
qui perpétue ce jeu
infiniment. (…)
Constituée d’une
somme d’affects, la
totalité de notre
race humaine
s’exprime. Et puis
c’est tout. Le
travail de Thomas
Monin comporte cette
vérité-là, et met au
clair, cette
dualité.
La matière est.
Toute action crée de
la matière. Ceux qui
tenteront de
décortiquer
l’hybride du fleuri
sont les fous qui
philosophent la
métaphysique de la
composition. Au
final, on est face à
ce qui ne peut plus
s’effacer. Au final,
approchez-vous et
vous verrez…
Eva Steinitz.
Ecrivain.
2012
l y a, dans le
travail de Thomas
Monin, quelque chose
d'éminemment
transgressif.
Quelque chose d'une
profanation remonte
à la surface -
s'étire - à la
manière d'un ongle
cosmique. De cette
profanation, il est
difficile de parler.
Nous sentons
seulement - en
présence de
certaines œuvres -
qu'elle a lieu. Nous
le sentons à la
manière d'une
jubilation profonde
- effarée - où
l'effroi se mêle au
plus intime, au plus
ancien. Je nomme -
archaïque - cette
familiarité bizarre
qui nous relie aux
origines. Je
maintiens qu'avec
elle - en sa
présence - tout le
temps de l'Histoire
est rompu. Présenter
l'archaïque,
dissoudre - au
contact de l'œuvre -
la fine peau de
l'Histoire : voilà
peut-être
l'insolence d'un tel
travail, la cruauté
- en acte - des
visions qu'il
génère.
Emmanuel Nardon.
Ecrivain.
2003
Ici, - fronde
obscène ? -,
l'anthropocentrisme
n’est pas de
rigueur, et
l’expression ne
relève pas d’une
pratique cosmétique.
Ici, l’objectif est
de soutenir un
contre-feu face à ce
qui semble aller
contre la
perpétuation de la
vie. Il s’agirait
avant tout de ne pas
concevoir l’humanité
comme une maladie
incurable de la
matière vivante.
Tenter d’inventer un
art animal, en
sécrétant des
dispositifs
convergents vers
l'acceptation
de l'animalité dans
tous ses lieux de
déploiement, y
compris dans la
conscience
elle-même.
Il manquait sans
doute à l’In Situ la
conscience des liens
entre systèmes
biologiques
et processus
culturels.
Ebloui par la
symbiose, je
voudrais atteindre
ce point
d'association entre
ces organismes ne
pouvant vivre les
uns sans les autres,
chacun d'eux tirant
bénéfice de cette
association. Mes
unions
étroites invitent à
l'exploration des
rapports intimes que
nous entretenons
avec la matière
vivante, et
voudraient masser à
la fois le corps et
la pensée.
Thomas
Monin
S'il m'arrive d'utiliser des cornes ou bois d'animaux, ou de recourir à la taxidermie pour la fabrication de certains objets, je tiens à préciser que je veille et j'ai toujours veillé à ce qu'aucun animal ne soit tué dans ce but, contrairement à beaucoup d'artistes qui utilisent cette technique.
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